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Informations générales

Début des travaux: 9ème siècle
Achèvement: 12ème siècle
Etat: en service

Type de construction

Structure: Voûte cylindrique en tonnelle
Fonction / utilisation: Basilique
Matériau: Structure en maçonnerie
Style architectural: Roman

Prix et distinctions

1998 partie d'un ensemble  
1840 classement  

Situation de l'ouvrage

Lieu: , , ,
Coordonnées: 43° 36' 30.19" N    1° 26' 31.02" E
Montrer les coordonnées sur une carte

Informations techniques

Dimensions

longueur totale 115 m
nef hauteur 21.10 m
longueur 54 m
largeur de la nef 32.50 m
hauteur des voûtes du premier vaisseau collatéral 9.55 m
hauteur des voûtes du second vaisseau collatéral 7.30 m
portée de la voûte centrale 8.80 m
tour hauteur de la flèche du clocher 65 m
transept hauteur 21.10 m
largeur du transept 64 m
largeur du transept 24 m
hauteur de la coupole du transept 27.20 m

Chronologie

ca. 250

Saturnin, dont le nom a été contracté en Sernin, le premier évêque de Toulouse est martyrisé par Decius. Le saint est enterré clandestinement près de l'église actuelle de Notre-Dame-du-Taur.

après 350

L'évêque saint Hilaire fait construire une petite basilique en bois à côté du tombeau.

fin du 4ème siècle

L'évêque saint Sylve décide de construire une basilique pour abriter les reliques du saint. Les travaux sont poursuivis par son successeur Exupère.

début du 5ème siècle

(un 1er novembre)
Translation des reliques après avoir obtenu l'accord de l'empereur.

11ème siècle

La discipline se relâche et les chanoines pillent le temporel de la basilique.

1073

L'archévêque impose au chapitre de la cathédrale des règles de pauvreté, de vie en commun. Le comte Guillaume IV accepte la réforme et abandonne aux chanoines de la cathédrale le droit d'élire l'évêque.

ca. 1080

Les chanoines de Saint-Sernin choisissent le vie en commun et obtiennent la protection du Pape Grégoire VII.

Aménagement d'un caveau funéraire pour le tombeau de saint Saturnin dans l'abside de l'église du 5ème siècle. Un déambulatoire autour de cet espace permet aux pèlerins de circuler autour du tombeau.

Début de la reconstruction de l'église par le chevet. Bernard Gilduin et son atelier réalise les sculptures: de 7 bas-reliefs de marbre du déambulatoire, de la table d'autel.

1082

Le comte de Toulouse et l'évêque décident d'expulser les chanoines et de les remplacer par des moines de Moissac. L'évêque remet la basilique aux abbés Hugues de Cluny et Hunaud de Moissac.

entre 1083 — 1085

Le Pape Grégoire VII refuse de se déjuger et décide de rendre la basilique aux chanoines de Saint-Sernin.

23 juillet 1083

Le comte Guillaume IV se soumet à la sentence du Pape.

décembre 1093

L'archévêque rend à Saint-Sernin son patrimoine.

24 mai 1096

Consécration du chevet de la collégiale par le Pape Urbain II en présence de 15 évêques et archevêques et du comte Raymond IV de Saint-Gilles.
Raymond Gayrard devient operarius – administrateur de la fabrique – de Saint-Sernin.

Peu après, Bernard Gilduin et son atelier réalise la décoration des tribunes du transept. Un second atelier réalise les sculptures de la porte des Comtes dans le bras sud du transept et les chapiteaux historiés du déambulatoire et du transept.

1098

Guillaume IX d'Aquitaine se rend maître de Toulouse et accorde sa protection à la collégiale.

ca. 1100

Les chanoines adoptent la règle de Saint-Augustin. La collégiale est érigée en abbaye.

3 juillet 1118

À la mort de Raymond Gayrard le chevet, le transept, les 3 dernières travées de la nef, les collatéraux sont voûtés et le vaisseau central est construit jusqu'à la hauteur des fenêtres hautes.

Après cette date les travaux de la nef ralentiront, les moines consacrant leurs efforts à la construction du clocher et du cloître.

19 juillet 1119

Le Pape Callixte II consacre au cours de sa visite à Toulouse un autel secondaire en mémoire de saint Augustin.

début du 12ème siècle

Construction des parties basses du massif occidental. Le projet initial comprenait deux tours. Les travaux s'arrêtent rapidement.

ca. 1260

Fin de la construction du clocher. Le clocher a été construit en 3 étapes:

  • 1er étage correspondant à la couple de la croisée du transept,
  • les 2 étages suivants,
  • les 2 derniers étages.
fin du 13ème siècle

Réalisation des voûtes des travées occidentales de la nef.

14ème siècle

L'espace entre les deux tours du massif occidental est couvert par une voûte sur croisée d'ogives.

16ème siècle

Fin de la réalisation des chapiteaux des tribunes.

1798

Le cloître de Saint-Sernin est acheté par Arnaud Traverse, maçon.

1803 — 1808

Le cloître est démoli.

19ème siècle

Restauration de la basilique est faite par Viollet-le-Duc.

Extrait de la Wikipédia

La basilique Saint-Sernin de Toulouse est un sanctuaire bâti pour abriter les reliques de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, martyrisé en 250. Devenu l'un des plus importants centres de pèlerinage de l'Occident médiéval, elle fut desservie, depuis le IXe siècle au plus tard et jusqu'à la Révolution française, par une communauté canoniale. Saint-Sernin est une des plus grandes églises romanes conservées en Europe, avec la cathédrale de Spire, en Allemagne .

Saint Saturnin, alors à la tête de la communauté chrétienne de Toulouse, fut pris à partie le 29 novembre 250 par des prêtres païens dans le forum au pied du Capitolium antique (actuelle place Esquirol). Il refusa d'abjurer le christianisme et de sacrifier à Jupiter - un taureau ; il fut alors attaché à ce dernier qui le traîna dans les rues de la ville le long du cardo et franchit la porte Nord jusqu'à l'emplacement actuel de la basilique, où la corde rompit. Deux jeunes filles, les saintes Puelles, enterrèrent Saint Saturnin sur place. Le taureau est notamment passé par la rue de Claustre, actuelle Rue du Taur, renommée ainsi d'après l'animal.

La basilique conserve 260 chapiteaux romans et est le symbole de l'architecture romane méridionale. Toulouse recevait alors la visite de nombreux pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, ou venus honorer les reliques de saint Saturnin.

La basilique Saint-Sernin fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.

L’histoire de la basilique Saint-Sernin

Avant la basilique romane

La première basilique (IVe siècle)

Selon la Passion de Saint Saturnin, "Le corps du martyr demeura un certain temps sous un sol simplement recouvert d'herbe, certes sans honneur de quiconque, mais honoré de Dieu, jusqu'au moment où saint Hilaire, ordonné longtemps après évêque dans la ville de Toulouse, instruit de la fin de son prédécesseur et de son mérite, ayant fait creuser la terre jusqu'au cercueil de bois lui-même et craignant de déplacer les saintes reliques, fit diligemment construire par-dessus une voûte faite avec quantité de briques et même ajouter à un aussi grand lieu de prière une basilique vraiment toute petite, faite de matériaux ordinaires, en cachant bien le corps du martyr pour éviter que des hommes perfides, après l'avoir exhumé, ne le missent en pièces."

On ignore les dates de l'épiscopat d'Hilaire (qui n'est connu que par ce texte) et on ne peut trancher sur le lieu de la construction de cette première basilique : chœur de l'église Notre-Dame du Taur, ou celui de la basilique actuelle, peut-être dans la première moitié du IVe siècle, entre 314 et 356, quand la religion chrétienne devient légale et privilégiée mais alors que le paganisme reste majoritaire (particulièrement à Toulouse) et vivant.

La deuxième basilique (autour de 400)

Toujours selon la Passion de Saint Saturnin, "Ensuite, le temps passant, comme les dépouilles d'un grand nombre de défunts étaient fidèlement apportées vers cette petite basilique, pour leur soulagement, à cause du martyr qui reposait là, et que tout cet endroit avait été rempli d'une multitude de corps ensevelis, saint Silve, promu à l'épiscopat de la susdite ville, faisant préparer à grands frais une belle et magnifique basilique pour y transférer les reliques du vénérable martyr, quitta ce monde avant l'achèvement de l'ouvrage commencé. Après sa disparition, saint Exupère, élu au suprême sacerdoce (...), fit très instamment achever la basilique que son prédécesseur avait fidèlement entreprise et il en fit heureusement la dédicace."

La datation de cette construction est liée à un vif débat théologique ayant eu lieu à peu près au même moment entre le prêtre Vigilance (qui aurait pu résider à Calagurris des Convenae, l'actuel village de Saint-Martory au sud de Toulouse) et Saint Jérôme. En 404, deux prêtres demandent à Jérôme d'intervenir pour combattre ses idées de Vigilance, hostile à la vie monastique, au célibat des prêtres et des diacres et surtout aux excès du culte des martyrs. Une demande qui semble liée au succès du culte autour de la sépulture de Saturnin puisque selon certains, c'est la construction et la dédicace de la nouvelle basilique par Exupère qui aurait pu déclencher l'offensive de Vigilance. En 406, Jérôme répond au prêtre commingeois par son Liber contra Vigilantium où il défend le culte des saints martyrs et attaque personnellement Vigilance. Ce débat explique peut-être les précautions prises par Exupère et que relate la Passion de Saint Saturnin. Que ce débat ait précédé, accompagné ou suivi la construction de la deuxième basilique, il est clair que celle-ci n'a pu avoir lieu après 407, lorsque les Vandales atteignent la région toulousaine et la dévastent.

C'est sans doute à l'occasion de la cérémonie de translation organisée par Exupère (et commémorée ensuite tous les 1er novembre) que le corps de Saturnin fut "renfermé dans un tombeau de marbre, à côté des corps d'autres saints, dans la terre". L'intention était sans doute d'éviter "qu'à l'avenir les ossements du benoit saint ne fussent confondus avec les autres".

Il ne reste, de la basilique de Silve et Exupère, que le bas du mur de l'abside, conservé dans le sous-sol de l'abside actuelle qui épouse presque parfaitement son tracé. Et peut-être le pilier central de marbre gris dans la salle principale des cryptes inférieures.

La nécropole paléochrétienne

Les terrains au nord de la Porterie (la porte nord de la Toulouse romaine, au milieu de l'actuelle place du Capitole) ont dû servir, comme à l'entrée sud de la ville, de nécropole dès les premiers siècles de notre ère. Mais le tombeau de Saturnin en fait très vite une nécropole spécifiquement chrétienne, très dense sur le côté sud du sanctuaire et s'étendant sous une bonne partie du quartier de l'actuelle rue du Taur. La fouille la plus aboutie jusqu'ici a eu lieu en 1994-96 dans le sous-sol du musée Saint-Raymond. La couche de sépultures la plus ancienne y date de la fin du IVe siècle avec présence de grands sarcophages de marbre entre IVe et Ve siècles. Les inhumations cessent dans cette zone au début du VIIe siècle, époque où a pu être creusé le grand fossé ovale autour de la basilique qui délimitera ensuite le territoire de l'abbaye.

Les 4 sarcophages utilisés aux Xe et XIe siècles pour abriter les restes de plusieurs membres de la famille comtale et qui ont été finalement placés au XIIIe siècle dans l'enfeu des comtes de Toulouse, contre la double porte méridionale du transept, sont sans doute issus de cette nécropole paléochrétienne et typiques de ce qu'on a appelé les "sarcophages d'Aquitaine" : des sarcophages de marbre richement décorés et dont on peut se demander si leur principal atelier de production n'était pas situé dans les limites de la nécropole. Toulouse était en effet facilement alimentée par la Garonne en marbres des Pyrénées. Aurait pu faire partie de cet atelier, représentatif du développement de la nécropole au temps de Silve et Exupère, le four à chaux de la fin du IVe siècle fouillé en 1995 dans le sous-sol du musée Saint-Raymond et abandonné brutalement avec son dernier chargement de marbre au cours du Ve siècle.

Les siècles obscurs

On ne sait "pratiquement rien" de la basilique entre sa construction au début du Ve siècle et le XIe siècle. En 844, le "monastère de saint Saturnin martyr" est l'une des trois églises toulousaines (avec la cathédrale et La Daurade) à bénéficier du privilège de l'immunité confirmé par Charles le Chauve, qui y séjourne lors de sa guerre contre son neveu Pépin II d'Aquitaine. L'église et son monastère sont entourés d'un fossé mais pas encore d'un bourg. Des analyses de pollens témoignent d'un "paysage déboisé avec des bosquets de chênes à feuillage caduc et de noisetiers, comportant un peu de chêne vert, de châtaignier et de frêne", des noyers et de la vigne, de prairies, de champs de céréales, un environnement "de type péri-urbain".

La construction de la basilique romane

Le lancement du chantier et le conflit avec l'évêque Isarn

Vers 1030, l'évêque de Toulouse Pierre-Roger décide "de retenir une part des dons faits à Saint-Sernin" en prévision des travaux de reconstruction de la basilique. Celle-ci est sans doute devenue trop petite pour le flot de pèlerins et l'augmentation des ressources du chapitre permet d'envisager un agrandissement significatif du bâtiment. Mais les tensions entre le chapitre de Saint-Sernin et l'évêque (soutenu par le comte et l'abbé de Moissac) vont devenir extrêmement vives dans les années 1070 et 1080, sans doute attisées par le lancement effectif du chantier entre 1071 et 1076.

L'évêché de Toulouse est alors très lié à l'abbaye de Moissac : l'auvergnat Durand de Bredon, évêque de 1059 à 1071, est un ancien moine clunisien qui est abbé de Moissac depuis 1048. En 1073, le nouvel évêque Isarn, auparavant prieur de Saint-Sernin, réforme à la fois les chapitres de Saint-Étienne et de Saint-Sernin, mesure caractéristique de la réforme grégorienne (l'année même où Grégoire VII est élu pape). La réforme est difficile et, comme à Saint-Étienne, Isarn doit, pour l'imposer à des chanoines très réticents, invoquer les plus hautes autorités : le comte Guilhem IV, l'abbé de Cluny, l'abbé de Moissac. S'il parvient à imposer ses vues aux chanoines de Saint-Étienne, placés directement sous son autorité, ceux de Saint-Sernin vont profiter du conflit pour affirmer leur indépendance et en appeler directement au pape. Celui-ci confirme entre 1079 et 1083 qu'ils sont sous sa protection directe, tout en spécifiant qu'ils vivent "ensemble sous la règle des saints Jérôme, Augustin et autres Pères de l'Église" et ne possèdent rien en propre.

La réaction d'Isarn est violente. En 1083, avec l'appui du comte, il expulse les chanoines, qui sont remplacés par des moines de Moissac, et met la main sur le temporel de la basilique ainsi que sur le chantier de reconstruction : "Et toute l'œuvre de la fabrique de la susdite église, je la retiens dans mon domaine tant que je vis". Les chanoines expulsés font intervenir le pape qui les réintègre dans leurs droits et possessions et le 23 juillet de la même année, le comte Guilhem IV "se repent solennellement de son sacrilège, s'engage à ne plus attaquer Saint-Sernin, garantit la liberté des chanoines et leur temporel".

Avant la consécration de 1096 : le chevet et le transept

La construction commence par le chevet, le transept et les premières travées de la nef. Elle enserre progressivement la basilique antérieure afin qu'il n'y ait pas d'interruption du culte et que les pèlerins puissent continuer à accéder au tombeau. Quitterie Cazes distingue 6 étapes qui auraient pu précéder la consécration de 1096. Elles se distinguent par "la nature des matériaux utilisés et la façon dont ils sont agencés" plus que par des changements de style puisque le plan et l'élévation de tout l'édifice ont été conçus dès avant le lancement du chantier et qu'ils seront très exceptionnellement respectés jusqu'au quasi achèvement de la basilique à la fin du XIIIe siècle.

1. La construction commence par les "murs extérieurs du chevet", "les chapelles du déambulatoire et toute la périphérie du transept, absidioles comprises". Matériaux utilisés : la pierre pour les contreforts et encadrements de fenêtres, la brique pour les maçonneries intermédiaires. Cette étape laisse intacte la basilique antérieure.

2. Un "petit décrochement dans la maçonnerie" (visible entre les fenêtres et les oculi au sud du déambulatoire) marque le début de la deuxième étape de construction. Elle permet le voûtement des chapelles basses et du déambulatoire, la mise en place du chœur avec le rond-point enserrant l'ancienne abside, transformée en crypte semi-enterrée. Les 9 baies du soubassement en briques de ce nouveau rond-point étaient alors ouvertes et une petite ouverture carrée (la fenestella) permettait aux pèlerins d'apercevoir le sarcophage du saint. La construction des premiers piliers intérieurs impose la destruction du reste de l'ancienne basilique. La disposition des pierres est moins régulière et apparaissent quelques signes lapidaires. On est peut-être aux alentours de 1083, lorsque la prise de possession d'Isarn signale que le tombeau a des clés et qu'une chapelle fonctionne.

3. Un nouveau "petit décrochement de maçonnerie" sous les fenêtres des tribunes correspondant à un réalignement des aplombs marque le début de la troisième étape. Les collatéraux du transept sont voûtés (nettement plus sûrement que le déambulatoire) ainsi que les premières travées de la nef et on élève le niveau d'arcades dans l'abside. La pierre est utilisée de façon plus mesurée au profit de la brique qui est désormais aussi employée à parité dans les encadrements, les contreforts et les supports. Les signes lapidaires sont plus fréquents.

4. C'est une étape intermédiaire. Les tribunes du chœur et du transept sont mises en place, on construit la partie supérieure de l'abside majeure avec des fenêtres hautes beaucoup plus richement ornées que celles de la partie basse. Les matériaux sont très hétérogènes mais on utilise beaucoup de pierres. Les signes lapidaires se font plus discrets.

5. Les tribunes du transept sont ensuite construites en deux temps : plusieurs travées avec beaucoup de pierres, le reste d'une façon homogène en alternant régulièrement calcaire mollassique et briques.

6. Pour disposer d'une basilique à peu près fonctionnelle (mais encore sans véritable nef), ne reste plus qu'à voûter les parties hautes et bâtir la coupole de la croisée, qui permet de mettre en place la souche carrée du clocher et son premier niveau de baies. C'est à ce moment qu'a pu avoir lieu la consécration de 1096.

La consécration de 1096

Elle intervient lors du périple du pape Urbain II en 1095-96. Le pape prépare la première croisade en s'appuyant sur l'évêque du Puy Ademar de Monteil et le comte de Toulouse Raimond de Saint-Gilles (tout juste comte puisque son frère Guilhem IV est mort environ un an auparavant et que la succession est contestée par Guillaume IX d'Aquitaine, mari de sa nièce). Le pape commence donc son périple par Le Puy, Saint-Gilles et Clermont où a lieu le célèbre concile où il appelle solennellement à se croiser pour prendre Jérusalem aux Turcs. Il parcourt ensuite l'ouest de la France avant de redescendre vers Toulouse où il consacre la nouvelle église et son autel "l'année mille quatre-vingt-seizième du Seigneur, le neuvième des calendes de juin (24 mai)". Le pape est accompagné de Raimond de Saint-Gilles et assisté des archevêques de Tolède, de Bordeaux, de Pise et de Reggio, des évêques d'Albano et de Pampelune et de "dix autres". Il consacre "l'église du saint martyr Saturnin, évêque de Toulouse, et l'autel en l'honneur du même martyr très glorieux et du saint martyr Assiscle" et dépose "dans le même autel une très grande partie du chef du très glorieux Saturnin et des reliques du saint martyr Assiscle et d'autres saints et des reliques du saint confesseur Exupère, évêque de Toulouse".

C'est donc à cette occasion qu'est installé l'autel sculpté par Bernard Gilduin, sans doute au-dessus du tombeau du saint, dans l'abside majeure. Et peut-être aussi les reliefs du Christ en majesté, du chérubin et du séraphin aujourd'hui placés dans et autour de la fenêtre axiale murée de la crypte supérieure.

La consécration et le passage du pape sont aussi l'occasion pour les chanoines de marquer quelques points dans leur longue lutte contre le parti du comte et de l'évêque : ainsi du retour de l'église Saint Pierre de Blagnac en leur possession (elle avait été donnée à Moissac par le comte en 1070-71). Et de la confirmation par Urbain II de leurs "droits, possessions, revenus et statuts".

Raimond de Saint-Gilles partira ensuite pour la première croisade dont il sera l'un des acteurs majeurs, absence dont profite aussitôt Guillaume IX d'Aquitaine pour occuper Toulouse en 1097. Occasion pour les chanoines de Saint Sernin de manifester une fois de plus leur indépendance et leur opposition au parti du comte et de l'évêque puisqu'ils rejoignent aussitôt le camp du duc.

Début du XIIe siècle : la mise en place de la nef

Le démarrage du chantier a été très rapide : environ 25 années ont suffi pour bâtir une église utilisable pour les cérémonies et les pèlerinages. La construction continue ensuite à un bon rythme dans les deux premières décennies du XIIe siècle, sans doute favorisée par la protection de Guillaume IX qui tient la ville de 1097 à 1100 et de 1108 à 1119. Deux étapes sont alors discernables.

7. L'église prend toute son extension avec l'élevation du mur périphérique de la nef et du massif occidental jusqu'au-dessus des fenêtres. On met en place l'avant-corps de la porte Miègeville et un puits est creusé dans le collatéral majeur nord. Les espaces du massif occidental sont alors largement ouverts et le sol est 60 cm plus haut qu'aujourd'hui. Le sol extérieur étant alors environ 2 mètres plus bas, une volée de marches devait mener à l'entrée de ce côté-là. Les matériaux sont très homogènes : calcaire mollassique et briques. On entame le deuxième étage du clocher.

8. C'est alors que l'on commence à voûter la nef et ses tribunes, en commençant par les deux travées les plus orientales. Le deuxième étage du clocher est achevé.

XIIe et XIIIe siècles : l'achèvement provisoire

Le rythme des travaux ralentit notablement après les deux premières décennies du XIIe siècle. On ne sait s'il s'agit d'un manque de ressources (les premières phases de travaux ont dû être coûteuses, les comtes - peu favorables à Saint-Sernin - sont revenus, le catholicisme est de plus en plus concurrencé par le catharisme), de main d'œuvre (les chantiers se multiplient dans la ville) ou simplement le choix des chanoines de privilégier la décoration intérieure de leur église (l'essentiel des peintures date du XIIe siècle) et la construction des bâtiments annexes comme le cloitre. Deux dernières étapes de construction peuvent encore être distinguées, l'une au XIIe siècle, l'autre au XIIIe.

9. Signe que les temps changent, la brique devient prédominante dans la construction (mais on conserve l'alternance de blocs de calcaire et de briques dans la nef centrale). Les collatéraux sont voûtés, les deux espaces latéraux du massif occidental (la sacristie et la chapelle Saint-Pierre) couverts. Les solutions architecturales semblent improvisées, témoignage possible des incertitudes causées par le changement de style à l'œuvre (les premières croisées d'ogives apparaissent dans la région autour de 1180). Trois des chapitaux de la sacristie semblent même être des "pastiches d'œuvres romanes" pour préserver l'unité de style. On bâtit le troisième étage du clocher.

10. "La brique règne désormais sans partage" (même dans les encadrements de fenêtres). Le reste des collatéraux et des tribunes est peu à peu voûté et couvert, en finissant par la nef vers 1250-60 et au-delà. Dans le massif occidental, on élève en partie la tour sud, la grande rose au centre et, au-dessus, une croisée d'ogives destinée à être surmontée d'un autre clocher au milieu de la façade ouest. Les chapitaux, le voûtement sont donc ici de style contemporain, peut-être "parce qu'on est dans un espace qui n'est plus celui de la nef". Mais l'ensemble de ce côté reste totalement inachevé. Les deux derniers étages du clocher ont dû être bâtis au début de cette période et innovent avec leurs "arcs en mitre" qui vont ensuite se répandre dans la région.

Le réaménagement de la crypte. C'est à partir de 1258 que l'ensemble de la crypte est réaménagé : un grand baldaquin de pierre, de style gothique, sorte de tour hexagonale s'élevant haut dans l'abside, abrite désormais le sarcophage de Saint Saturnin. Ce sarcophage est inséré en 1283 dans une "grande châsse en forme d'église". Dans les années 1280, on creuse sous les travées du chœur la crypte inférieure pour pouvoir abriter les nombreuses reliques qui sont venues enrichir le trésor de l'abbaye. C'est peut-être à cette occasion que l'on doit renforcer les quatre piliers de la croisée du transept, affaiblis par cette excavation.

Les travaux postérieurs

L'arrivée des ordres mendiants en ville au XIIIe siècle (Dominicains, Franciscains, Carmes, Augustins) et la construction de leurs grandioses églises a dû limiter quelque peu les ressources dont disposaient les chanoines de Saint-Sernin. D'autant plus que, privée de ses comtes, Toulouse vit à partir du XIVe siècle, une période très difficile où crise politique (début de la Guerre de Cent Ans), économique et démographique (peste noire) se conjugent dans une ville qui n'est plus une capitale depuis l'extinction de la dynastie comtale et l'intégration au royaume de France. La plupart des grands chantiers de construction ecclésiastiques s'arrêtent et les travaux ne reprennent dans la basilique qu'à l'occasion de nécessités criantes ou de ressources inespérées.

XIVe siècle

C'est à cette époque qu'a dû être achevé le clocher avec sa balustrade et sa flèche. La flèche, elle, a connu plusieurs versions dès le XIIIe siècle. Une importante campagne de peinture permet de recouvrir le chœur et le début de la nef (l'espace dévolu aux chanoines) d'un décor de pierres colorées comme aux Jacobins à peu près à la même époque. Les écus armoriés sur les voûtes des premières travées de la nef sont ceux des papes et cardinaux avignonais des années 1330 et ont pu être réalisés après 1339.

XVe siècle

L'économie toulousaine redémarre à partir des années 1450, poussée par les débuts du pastel, la fin de la Guerre de Cent Ans et l'établissement d'un parlement permanent. Mais Saint-Sernin végète. On ne peut mentionner qu'une nouvelle flèche en 1449. En 1463, la ville de Toulouse subit un grand incendie. À cette occasion, le roi Louis XI octroie à l'abbaye une rente annuelle de 100 livres tournois afin de soutenir sa restauration.

XVIe siècle

Le siècle du pastel et l'enrichissement soudain de la ville font sentir leurs effets mais aussi la prise en charge de l'entretien et des travaux par la Confrérie des Corps Saints à la fin des années 1520. Pavement et toitures sont restaurés à partir de 1535 puis on s'attaque au massif occidental, toujours pas terminé, à partir de 1541. Une sacristie est aménagée dans la salle haute de la tour nord et la dernière travée des tribunes de ce côté est reconstruite pour créer deux salles particulières. Le beffroi est totalement reconstruit dans les années 1550. Beaucoup de peintures sont refaites et "un enduit blanc à faux appareil de pierre revêt la majeure partie des murs". Antoine Olivier et Bernard Nalot signent le bail à besogne pour peindre la voûte et les murs du chœur en 1536. Les travaux sont terminés en 1542 par Bernard Nalot seul après la mort accidentelle d'Antoine Olivier.

Le déclenchement des Guerres de religion, particulièrement violent à Toulouse avec les terribles journées de la "Délivrance" en 1562 (au cours desquelles Saint-Sernin est assiégée plusieurs jours par les forces protestantes), force à quelques travaux défensifs : petites galeries de briques au-dessus des trois portes en 1562, galerie de bois avec artillerie le long de la tribune sud de la nef en 1567.

XVIIe siècle

Une partie des reliques est sortie de la crypte et exposée dans de nouvelles châsses. Placées dans des armoires dorées, elles composent le "Tour des Corps Saints" le long du déambulatoire.

XVIIIe siècle

L'intérieur est mis au goût du jour avec de nouvelles stalles, un orgue, un jubé, de nouvelles décorations... Le baldaquin gothique de l'abside est détruit et remplacé par le nouveau dispositif de Marc Arcis. Au début de la Révolution, Saint-Sernin est une des rares églises toulousaines à obtenir le statut d'église paroissiale et donc à échapper à la vente des biens nationaux (mais pas les autres bâtiments de l'abbaye qui sont vendus et, pour la plupart, détruits).

XIXe siècle

En 1838, Prosper Mérimée obtient le classement de l'église comme monument historique. Des travaux de restauration, contestés par Mérimée, sont effectués par Urbain Vitry (piliers nord de la nef, portails) de 1836 à 1845. Année où Viollet-le-Duc, sur recommandation de Mérimée, est chargé d'une restauration générale. Les travaux commencent en 1860 après une campagne très contestée de restauration des cryptes sous la direction d'Alexandre du Mège. Secondé par Jacques-Jean Esquié (architecte départemental et auteur à Toulouse de l'hôpital Marchand et de la prison Saint-Michel). Les toitures sont entièrement refaites et modifiées avec création de couvertures distinctes pour la nef et les collatéraux séparées par un mur de comble. La corniche qui ornait l'extérieur du chevet est étendue à tout l'édifice. À l'intérieur (les travaux y commencent en 1872), Viollet-le-Duc dépose le "Tour des Corps Saints" et refait une partie des décorations mais meurt avant d'avoir pu s'attaquer au massif occidental, toujours inachevé.

XXe siècle

Le massif occidental est régularisé en 1929. Des travaux généraux de restauration commencent en 1967, qui reviennent sur une grande partie des interventions de Viollet-le-Duc : d'abord le clocher dont la balustrade menaçait ruine puis, de 1970 à 1978, le décapage des enduits intérieurs qui permettent de retrouver les peintures médiévales. Les cryptes sont "dérestaurées" et le "Tour des Corps Saints" rétabli dans le déambulatoire. Finalement, entre 1980 et 1990, le mauvais état des corniches force à intervenir sur les toitures qui sont rétablies dans leur configuration antérieure au XIXe siècle.

La paroisse catholique aujourd'hui

La Basilique Saint-Sernin abrite la paroisse Saint-Sernin qui fait partie du Doyenné Centre Ville du Diocèse de Toulouse. Elle propose les offices catholiques ou messes en semaine et le dimanche aux fidèles toulousains ou de passage ainsi que des Visites spirituelles offertes le week-end par des bénévoles formés par un historien M. Cazes, ancien Conservateur du Musée Saint-Raymond, et un théologien le Père Jean-François Galinier, archiviste au Diocèse. Un aperçu complet de la Paroisse, de la Basilique romane et des grandes Orgues est disponible sur le site www.basilique-saint-sernin.fr La Paroisse catholique accueille également encore aujourd'hui les pèlerins de Compostelle sur ce haut-lieu d'étape du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle pendant la saison, avec la recrudescence actuelle du pèlerinage. La solennité de Saint-Saturnin, premier évêque et martyre de Toulouse, est célébrée en grande pompe par la paroisse et le Doyenné du Centre ville autour de la fête du Saint le 29 novembre dont les reliques sont portées en procession ce jour là. Aujourd'hui encore la Basilique Saint-Sernin accueille comme elle l'a toujours fait dans l'histoire de la chrétienté des adultes jeunes ou moins jeunes appelés catéchumènes, qui demandent le baptême catholique.

Organisation de la basilique

Comme la grande majorité des églises, la basilique est orientée d'Est en Ouest. Pour plus d'explication, se reporter à l'explication général des édifices églises. La basilique est construite en brique de Toulouse et en pierre blanche ou légèrement verdâtre. La pierre blanche est du calcaire extrait de carrières situées assez loin du chantier (comme Boussens). La pierre verdâtre est une marne qui était extraite directement des rives de la Garonne. L'extérieur est massif et dominé par le clocher octogonal pointant à 65 mètres de haut. Elle est organisée autour d'un transept assez imposant long de 65 mètres dont chaque bras possède deux absidioles orientées.

Nef

La nef est longue de 115 mètres. Elle est composée de 5 vaisseaux et son vaisseau principal est large de 8 mètres. La nef présente des tribunes sur les collatéraux. La hauteur de la voûte en plein cintre est de 21 mètres. Elle couvre la nef et le transept grâce à des contrebutées latérales constituées de voûtes en quart-de-cercle disposées au-dessus des tribunes. La croisée du transept est surmonté d'une coupole sur trompes juste en dessous du clocher. Les piliers centraux ont été de nombreuses fois renforcés pour soutenir le clocher qui a pris de l'élévation au cours des siècles. Ce renforcement casse légèrement les perspectives de la nef et du chevet.

Dans le collatéral nord se situe une série de bustes et reliquaire dédiés à Sainte Agathe, Saint Grégoire le Grand, Saint Phébade, Saint Louis de Toulouse et Saint Vincent de Paul. C'est aussi à cet endroit qu'est installée la crèche de Noël.

Le Collatéral Sud offre aux pèlerins un buste de Jean-Paul II bénit et inauguré par Monseigneur le Gall, Archevêque de Toulouse, le 18 juin 2013. L'œuvre commandée au Sculpteur Sébastien Langloÿs témoigne de la volonté constante de la paroisse d'être un lieu d'accueil de l'art, depuis le Moyen Âge à nos jours. Cet intérêt pour l'art est démontré notamment par l'activité intense des concerts organisés dans la basilique, notamment grâce à la qualité exceptionnelle des orgues qu'elle abrite.

Les orgues

Orgues de la Basilique Louis Vierne: Allegro, 2e symphonie Jean-Baptiste Dupont Max Reger: extrait de l'introduction, passacaille et fuge op 127 Jean-Baptiste Dupont

Les grandes orgues de la basilique Saint-Sernin, réputées dans le monde entier, ont été achevées en 1889 par la maison Aristide Cavaillé-Coll. Inauguré le 3 avril 1889 par Alexandre Guilmant, l'instrument compte cinquante-quatre jeux répartis sur trois claviers et un pédalier (soit exactement 3 458 tuyaux). De nombreux tuyaux proviennent de l'orgue précédent, construit par Daublaine et Callinet. De 1992 à 1996, il est restauré par les facteurs d'orgue Jean-Loup Boisseau, Bertrand Cattiaux et Patrice Bellet. Le titulaire (1996-…) de l'instrument est Michel Bouvard.

Transept

Le transept de la basilique s'étend de la porte des Comtes aux chapelles du Sacré-Cœur et de Saint-Exupère, anciennement porte royale ouverte sur le monastère, au nord de l'église.

En face de la porte des comtes se trouvent, sur un des piliers, des pieds de Saint-Christophe sculptés et, sur la face orientale du transept Sud, les chapelles de Sainte-Germaine et de la Vierge Marie.

Dans la partie nord du transept se trouvent, à l'ouest, plusieurs fresques peintes dont un Agnus Dei au plafond et une représentation du cycle de la résurrection ; à l'est, se situent la chapelle du Crucifix avec, en face de laquelle, au plafond, un agneau pascal supporté par huit anges ainsi que la chapelle des âmes du purgatoire.

Dans la partie sud, à l'ouest, les fonts baptismaux.

Croisée du transept : Maître-autel, tombeau de Saint-Saturnin et chœur

Le chœur de la basilique abrite le tombeau de Saint-Saturnin : un baldaquin de style baroque dans lequel se trouve une statue à la gloire du Saint, sa sépulture, ainsi qu'une représentation de son supplice dans un bas-relief de plomb doré . Ce tombeau, auquel participa notamment le sculpteur Marc Arcis a été réalisé entre 1718 et 1759.

Un clocher octogonal

Juste au-dessus de la croisée du transept, où se trouve le maitre autel, se dresse un clocher de 67 mètres de haut et de forme octogonale. Il est constitué de 5 niveaux :

  • le niveau le plus bas est au niveau de la coupole et est constitué sur chaque face de deux baies aveugles couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants, correspondant au beffroi, en léger retrait par rapport au précédent sont constitués de deux baies sur chaque face, également couvertes d'arcs en plein cintre ;
  • les deux niveaux suivants ont été bâtis dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Ils se caractérisent sur chaque face par deux fenêtres couvertes d'arcs en mitre ;
  • enfin, en 1478, une flèche fut construite en maçonnerie pour porter un globe terminal couronné par une croix ;
  • le clocher abrite un carillon composé de 18 cloches au clavier et 6 au banc du sonneur.

En 1862, le peintre Léon Soulié se suicida en se précipitant du clocher.

Déambulatoire

Le transept est suivi d'un chevet à déambulatoire à chapelles rayonnantes. Ces chapelles sont le lieu d'exposition des reliquaires de l'abbaye. Le déambulatoire est décoré de sept bas-reliefs en marbre encastrés dans le mur, avec au centre un Christ encadré par un chérubins, un séraphin, deux apôtres et deux anges. Ils sont l'œuvre de Bernard Gilduin.

Chapelle Saint-Esprit

La chapelle et l'autel sont consacrés au Saint-Esprit, sous l'invocation de Saint Exupère, Évêque de Toulouse, le corps duquel y repose dans une chasse de vermeil, qui fut donnée par messieurs les Capitouls de la même ville où il fut mis le 13 avril 1586.

Les cryptes et les reliques

Sous l'abside se trouve une crypte. Le sol de l'abside est d'ailleurs surélevé par rapport au niveau du déambulatoire où s'ouvrent deux passages permettant d'accéder à la crypte. Ces deux passages étaient utilisés pour la circulation des pèlerins, l'un servant d'entrée et l'autre de sortie. Le déambulatoire est décoré d'éléments liturgiques baroques.

Les reliques de Saint Jacques le Majeur. La basilique Saint-Sernin conserverait depuis 1354 la tête et le corps de Saint Jacques-le-Majeur. Le 15 octobre 1385, le corps de saint Jacques fut transféré dans une luxueuse arche en forme d'église, cadeau de Duc de Berry et de Jean de Cardaillac. Il était accompagné d'un buste reliquaire aussi remarquable. C'était les plus somptueux reliquaires avec celui de Saint-Sernin. Ces reliques provenaient de l'église Saint-Jacques qui était située près de la Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse et qui aurait été bâtie par Charlemagne pour y recevoir les reliques qu'il avait rapportées de Galice lors de son expédition contre les Sarrasins. Toutefois, ces reliques s'y seraient encore trouvées en 1490, selon la transcription en français de 1547 d'un procès-verbal établi par un certain Jean Badet pour vérifier l'authenticité des reliques de l'Apôtre Jacques. On interrogea des témoins sur l'origine historique, les signes de présence des reliques et leurs découverte. Les personnes rapportent qu'ils avaient entendu dire que Charlemagne avait rapporté ces reliques et qu'il avait fait construire l'église Saint-Jacques à Toulouse; "la teste" y avait été déposée sous un pilier "vers main droicte et aupres l'autel madame saincte Quiterie". L'empereur aurait fait peindre "la figure de la teste mons. saint Jacques ; et ...une coquille..."

Le reliquaire de la Sainte Épine La basilique possède depuis 1251 une épine prélevée sur la Sainte Couronne grâce au don d'Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis. Elle est conservée dans un reliquaire en bois puis placée au XVIe siècle dans un tube en cristal. Cette ampoule en or et en cristal est conservée depuis 1818 dans un reliquaire de la Sainte Épine en argent (petit temple, encadré par deux anges adolescents portant la lance et l'éponge, réalisé par l'orfèvrerie toulousain Samson en 1765) enfermé lui-même dans un second reliquaire octogonal en cuivre doré, travail de l'atelier d'orfèvre de Placide Poussielgue-Rusand en 1880.

Le statut : sanctuaire, abbaye puis basilique mineure

À partir de 1083, après une brève période d'obédience monastique sous l'autorité des abbés de Cluny et de Moissac, la basilique devint une collégiale, c'est-à-dire une église tenue par un collège de chanoines réguliers dirigés par un prévôt, puis par un abbé.

L'adoption de la vie canoniale régulière doit être distinguée de celle de la règle de saint Augustin, plus tardive.

Depuis l'époque carolingienne, la vie communautaire semble avoir été réglée par la règle de Chrodegang de Metz.

En 1070 et 1076 encore, la vie régulière n'est pas réglée par une seule règle précise, mais se résume au principe de l'habitat commun. Guillaume de Cahors décide ainsi de "vivre canoniquement [sous la dépendance de Saint-Sernin] en conformité aux décrets des Pères, à savoir Augustin, Jérôme et les autres".

En 1096, à l'occasion de la dédicace de l'abbatiale, Urbain précise les conditions de la vie régulière (mise en commun des biens, obligation de résidence, etc.), mais ne mentionne pas la nature de la règle, alors que le formulaire diplomatique de ses actes ne manque pas de le faire pour d'autres communautés.

Le 21 mars 1141, le pape Innocent II place la communauté sous la règle de saint Augustin.

En 1216, à la suite du concile de Latran IV, le pape Innocent III confirme les privilèges accordés par ses prédécesseurs et mentionne à nouveau la règle de saint Augustin.

Au cours du XIIIe siècle s'y ajoutèrent des "Statuts" encore inédits, connus par une copie tardive.

L'abbé de Saint-Sernin était à la tête d'un patrimoine immobilier considérable dans Toulouse et jusqu'au pied des Pyrénées qui le conduisit à de fréquents conflits avec l'évêque de Toulouse, dont la cathédrale Saint-Étienne, avait beaucoup moins de rayonnement que Saint-Sernin. La communauté s'agrandit et une abbaye fut construite autour de l'église.

À partir du milieu du XVe siècle, l'abbé régulier est remplacé par un abbé commendataire. Le 25 septembre 1526, une bulle pontificale ordonne la sécularisation de l'abbaye qui abandonne la vie régulière.

Le chapitre canonial est supprimé à la Révolution et Saint-Sernin devient une « simple » église collégiale jusqu'en 1878, date à laquelle elle fut à nouveau consacrée et reçut le titre honorifique de basilique mineure par le pape Léon XIII.

Disparition des bâtiments de l'abbaye

Après la Révolution et avec l'abandon des bâtiments de l'abbaye, il est décidé de dégager la basilique et de rendre accessibles son parvis et ses différentes portes. Ce projet sera mis à exécution au début du XIXe siècle. De 1804 à 1808, le cloître de l'ancienne abbaye fut démantelé et quelques chapiteaux furent conservés et exposés au musée des Augustins. Puis, par expropriation et rachats, les bâtiments et édifices sont détruits tout autour de l'église sous l'impulsion de Jacques-Pascal Virebent, architecte en chef de la ville, afin de former une place elliptique. Le musée Saint-Raymond, ancien collège du même nom, primitivement un hôpital géré par l'abbaye, est le seul ancien bâtiment subsistant du complexe abbatial.

Un lieu de savoir

La troisième travée d'une galerie de la basilique, au-dessus du collatéral extérieur nord de l’édifice, abrite deux cartes du ciel, peintes au XIIe siècle sans doute à des fins didactiques. La première carte, fort endommagée et difficilement lisible, permet de distinguer des cercles concentriques, des signes comme le vent, les nuages. Elle pourrait être une représentation du macrocosme et du microcosme montrant symboliquement l'interaction entre l'homme et l'univers.

La deuxième carte représente l'univers. La terre est divisée en trois continents : Europe, Afrique, Asie. Elle est au centre de l'univers figuré par douze cercles concentriques. Cette représentation illustre la conception géocentrique héritée du modèle Ptoléméen. Elle avait sans doute pour but de faire comprendre la structure de l'univers et le mouvement des planètes et des étoiles, tels que communément admis avant Copernic.

Texte tiré de l'article Wikipédia "Basilique Saint-Sernin de Toulouse" et modifié le 23 juillet 2019 sous la license CC-BY-SA 3.0.

Intervenants

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    20009745
  • Publié(e) le:
    31.07.2003
  • Modifié(e) le:
    10.06.2018