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Maison au grand péristyle de Vieux-la-Romaine

Informations générales

Autre nom(s): Villa au grand péristyle
Etat: en ruines

Type de construction

Fonction / utilisation: Maison
Matériau: Structure en maçonnerie
Style architectural: Romain

Prix et distinctions

1988 inscription  

Situation de l'ouvrage

Lieu: , , , ,
Coordonnées: 49° 6' 15" N    0° 25' 53" W
Montrer les coordonnées sur une carte

Informations techniques

Pour l'instant aucune donnée technique est disponible.

Extrait de la Wikipédia

La Maison au grand péristyle ou de manière erronée Villa au grand péristyle, aussi appelée domus du bas de Vieux est une domus gallo-romaine du site archéologique de Vieux-la-Romaine, l'antique Aregenua, située à environ 15 km au sud de Caen.

La cité est créée au Ier siècle et connaît son apogée aux IIe et IIIe siècles. Touchée par les invasions du IIIe siècle, la cité n'est pas pourvue d'une enceinte et ne devient pas le siège d'un évêché. Le territoire des Viducasses dont Aregenua est la capitale, est absorbé par la cité de Bayeux de manière attestée au début du Ve siècle et la cité cesse d'exister comme centre urbain, même si le site reste occupé de façon continue. La maison du bas de Vieux est un édifice particulier dont l'apogée est daté des IIe siècle et IIIe siècle.

Du fait de la ruralisation de la cité à partir du Ve siècle, les vestiges de l'ancienne cité sont accessibles à la recherche et font l'objet de fouilles précoces à partir de la fin du XVIIe siècle. Le site de la maison est plus systématiquement fouillé au XIXe siècle puis surtout à la fin des années 1980. La fouille exhaustive a également permis de retracer l'histoire de l'insula sur laquelle elle est située, du Ier au Ve siècle apr. J.-C.. L'ampleur des découvertes est à l'origine du projet d'ouverture d'un musée de site, le musée archéologique de Vieux-la-Romaine, inauguré en 2002. Les enduits ont été réétudiés en 2010.

Par ses proportions et l'état de conservation de ses éléments de décor, dont un ensemble de colonnes sculptées, la Maison au grand péristyle est unique au nord de la Loire. Édifice non exceptionnel tant dans sa taille que dans son décor, il est cependant un archétype, un « cas sans doute banal » selon Vipard de ce genre de maison appartenant aux élites désireuses de jouer un rôle social et politique, au-delà du rôle d'habitat individuel. La maison témoigne donc à la fois de la diffusion des modèles architecturaux méditerranéens dans les élites gauloises, du processus de romanisation et du rôle de ces édifices dans la vie sociale.

Localisation

La commune de Vieux-la-Romaine se situe à 10 km environ au sud-ouest de Caen et occupe le site de la ville antique d'Aregenua, centre urbain du peuple gaulois des Viducasses qui s'étendait sur une surface de 2 300 km².

La Maison au grand péristyle dont la façade est reliée au cardo se situe sur le coteau de la Guigne dans le quartier des thermes, un quartier dense disposant d'un « système de rues à galerie de façade » et d'un réseau de voies constitué au Iie siècle.

À proximité de l'édifice ont été retrouvées des bornes chasse-roues qui laissent supposer qu'une fontaine était présente. À environ 40 m au sud-ouest se trouve un second édifice thermal, fouillé aux XVIIIe et XIXe siècles. Cet édifice d'environ 90 m sur 50 m disposant d'une probable bipartition entre hommes et femmes a été offert à la ville par deux notables gallo-romains du nom de Sollemninus et de Titus Sennius Sollemnis à la fin du Iie siècle ou au début du IIIe siècle selon l'inscription honorifique gravée sur le piédestal appelé marbre de Thorigny.

Dans le voisinage immédiat de la maison se trouvent à l'est des insulae composées en bois et en torchis ainsi qu'une domus de taille modeste sur son côté nord et une seconde située à proximité de boutiques, et au nord des thermes datés du milieu du Iie siècle et fouillés au XIXe siècle. Non loin de là se situe également le forum de la cité, qui a fait l'objet de fouilles au XIXe siècle et également à la fin du Xxe siècle et début du XXIe siècle.

Le mur de façade de la Maison au grand péristyle est visible au nord-ouest du site. Les archéologues, n'ayant pas découvert d'autres vestiges au sud de la maison, en déduisent qu'elle correspond à la limite de la cité antique.

Histoire

Histoire de la cité

La cité d'Aregenua, siège de la tribu des Viducasses, est fondée au Ier siècle et connait son apogée aux Iie siècle et IIIe siècle sous la dynastie des Sévères.

Au cours des troubles qui affectent l'Empire romain au IIIe siècle, la ville est durement touchée mais n'est pas dotée d'une enceinte contrairement à d'autres cités voisines comme Jublains, Lisieux, Bayeux ou encore Évreux. Si le site continue d'être habité, il perd toutefois de son importance au profit de Bayeux qui devient le siège d'un évêché. À la fin du IIIe siècle et au début du Ive siècle, le déclin amorcé devient encore plus net : la ville fusionne avec Bayeux au début du Ive siècle puis disparaît administrativement avant l'an 400. Une grande partie de la population quitte alors la ville.

Histoire de l'édifice

Des origines à l'épanouissement

Les fouilles ont mis en évidence l'histoire du quartier ; les archéologues ont pu démontrer que les matériaux de construction utilisés pour les maisons du secteur se sont améliorés et qu'un luxe croissant caractérise l'évolution de l'édifice.

Premières occupations dans le secteur

Maison double qui est la base de ce qui deviendra la maison au grand péristyle.

Les premières occupations du site, datées du Ier et Iie siècles apr. J.-C., consistent en constructions légères en bois, torchis et sols en terre battue. Le secteur de la domus possédait probablement une vocation artisanale comprenant des ateliers de bronziers ou de verriers. Le quartier est quadrillé de voies à partir de 125-150 apr. J.-C.. C'est à cette période que l'utilisation de la pierre dans la construction se généralise à Aragenua.

L'insula du milieu du Iie siècle est occupée par deux constructions, la maison orientale (de 751 m²) et la maison occidentale, qui sont davantage connues pour la réutilisation de certains de leurs éléments dans des constructions ultérieures. La maison occidentale est, quant à elle, en partie rasée.

Maison au petit péristyle

Les maisons du troisième quart du Iie siècle sont déjà des bâtiments de grande taille. L'un d'entre eux est détruit vers 170-180 apr. J.-C. afin de permettre l'extension d'un second bâtiment que les archéologues baptisent Maison au petit péristyle du fait de la présence d'un péristyle de modeste dimension.

Outre cette extension, des changements affectent tout l'édifice : une aile est adjointe à la maison, des pièces sont ajoutées côté sud et des restructurations ont lieu dans l'aile ouest. La maison obéit désormais à un plan rectangulaire gréco-italique classique d'environ 50 m sur 30 m. La superficie de l'édifice est augmentée par l'ajout d'un jardin, et il est pourvu dans le même temps d'un décor luxueux. La cour mesure 5,30 m sur 7,90 m avec un bassin en briques fermé par un portique large de 2,70 m et comptant 10 colonnes d'un décor rare. La maison possède également un tablinum qui constitue un archaïsme pour l'époque, bien qu'une disposition similaire soit attestée dans la maison au Dauphin de Vasio.

Maison au grand péristyle

À la fin du Iie ou au début du IIIe siècle ont lieu des aménagements importants : un viridarium vient occuper la cour et le péristyle double de surface, justifiant ainsi l'appellation de Maison au grand péristyle. La maison est occupée jusqu'au dernier quart du IIIe siècle.

Déclin et destruction

Maison à la mosaïque en damier

La bâtisse subit un incendie au cours de la seconde moitié du IIIe siècle mais elle est réparée et reçoit le nom de Maison à la mosaïque en damier du fait de l'apparition de ce nouvel élément de décor. La qualité de vie baisse et des artisans, métallurgistes et bouchers, s'installent dans la maison. Le plan architectural ne change pas et les aménagements témoignent d'une poursuite de l'occupation. Le système d'hypocauste ne semble toutefois plus utilisé, et une mosaïque est restaurée avec du mortier de tuileau, démontrant l'incapacité des occupants à réparer l'œuvre au moyen d'artisans locaux. Le système d'alimentation en eau des bassins est hors service et une évacuation d'eau est créée pour pallier la défaillance d'une canalisation.

Destruction progressive

Dans le premier tiers du Ive siècle, un nouvel incendie ruine l'édifice déjà quasiment abandonné et les récupérations de matériaux débutent. Le cardo perce les ruines vers 330-340 et génère « des destructions considérables », en particulier dans l'aile ouest puisque ce percement détruit les 3/4 des salles qui la composent. L'occupation du site semble toutefois perdurer comme en témoigne la découverte, dans une fosse remplie de déchets de boucherie, d'« un lot de 38 antoniniens, mais aussi (… d') une monnaie de Gratien frappée entre 368 et 375 », ainsi que celle, ailleurs sur le site, d'« une monnaie très usée de Flavius Arcadius, frappée entre 368 et 375 ».

La maison sert par la suite de ressource pour la récupération de matériaux de construction, de manière ponctuelle d'abord, puis à plus grande échelle entre 475 et 550, comme l'atteste la découverte sur le site d'une hache franque de 13,50 cm. Les récupérateurs de matériaux taillent en particulier les colonnes et acheminent de nombreux fragments dans des fours à chaux afin de procéder à « une récupération très poussée » des éléments récupérés, ne laissant que des éléments non réutilisables (torchis, enduits, petites pierres…) qui créent une couche de destruction, mais qui préservent paradoxalement certains fragments permettant de reconstituer aujourd'hui une partie du décor. La maison disparaît physiquement du paysage à cette période.

Beaucoup plus tard, sans doute au XVIIIe siècle, de la terre végétale est apportée pour mettre en culture la zone qui gagne alors « une physionomie tout à fait rurale ».

Redécouverte

Fouilles

Les fouilles débutent à Vieux dès 1697, soit près d'un demi-siècle avant celles de Pompéi et plus d'un siècle après la découverte du marbre de Thorigny.

En 1812, une partie de la zone méridionale de la maison est explorée par le propriétaire, qui découvre une mosaïque. La société des antiquaires de Normandie procède à une nouvelle fouille en 1826, mais seul un fragment de mosaïque est retrouvé. Les autres fouilles menées à Vieux au XIXe siècle ne concernent pas l'édifice.

À partir de 1988, le Conseil général du Calvados lance un programme de fouilles dans la commune en axant prioritairement ses recherches sur l'habitat. La maison est alors fouillée par Pascal Vipard entre 1988 et 1991. Ce dernier parvient à mener efficacement ses travaux du fait de l'absence de toute construction au-dessus du site antique, faisant de ces fouilles les plus importantes menées à Vieux depuis 1864. La maison au grand péristyle constitue d'ailleurs le sujet de thèse de doctorat de Pascal Vipard, soutenue en 1996 à Paris IV sous la direction de François Hinard : « Une domus du quartier des thermes d'Aregenua (Vieux, Calvados). Contribution à l'histoire de l'habitat urbain en Gaule romaine ».

L'étude du site permet de suivre l'évolution de la maison de sa construction à sa destruction et de mettre en évidence six périodes. 677 pièces de monnaies sont ainsi découvertes, dont aucune comprise entre les règnes de Commode et Gallien, ainsi que 770 kg de céramique réparties en 140 800 tessons, ce qui prouve l'intégration de la cité aux voies commerciales du Haut-Empire. Les tessons de céramiques communes proviennent ainsi essentiellement de l'actuelle Sarthe, de la Picardie et du Dorset, tandis que les céramiques plus luxueuses ont pour origine le centre de la Gaule. Les restes d'amphores correspondent principalement à des amphores du type Dressel 20 destinées au transport d'huile de Bétique, de vin de Gaule narbonnaise ou plus rarement d'Asie mineure, « denrée très coûteuse ». Le site livre également 3 576 tessons de verre ainsi que la statue dite tutela de Vieux-la-Romaine en août 1988.

Restauration et ouverture au public, nouvelles études du matériel archéologique

Dès sa découverte, la maison apparaît comme le seul édifice d'époque romaine visitable en Basse-Normandie et la seule maison à péristyle conservée dans le nord de la France.

Après avoir été aménagée à l'initiative du Conseil général du Calvados à partir du mois de septembre 1992, la maison fait l'objet d'une présentation au public à partir de juillet 1993. Les choix de restauration sont à mi-chemin entre sauvegarde du site et visées pédagogiques, comme à Saint-Romain-en-Gal ou à Jublains. Les élévations n'ont pas été restituées, mais un hypocauste est remis en place ainsi que des copies d'éléments de décor assurés. La construction présentée au public est celle de la maison au grand péristyle de la fin du Iie siècle - début du IIIe siècle, à l'exception du maintien de la percée dans la construction du Ive siècle.

Toutefois, la restauration a nécessité des choix qui ont pu être infirmés par des études ultérieures. La partie sud en particulier n'a été étudiée qu'après la mise en valeur du site ayant entraîné une restitution à certains égards non conforme à la réalité. Les enduits peints, étudiés partiellement au début des années 1990, ont été réétudiés en 2010 : cette nouvelle analyse, qui a permis de relever des incohérences dans les restitutions proposées jusqu'alors, a soulevé des questions déontologiques sur l'étude de vestiges non traités « en une seule étude », ainsi que le problème de la réversibilité des restaurations effectuées.

Description de l'édifice à l'époque de son apogée

Architecture

Organisation générale

Plan de la maison à son apogée monumental.

La maison s’étend sur une surface de 1 250−1 500 m², d'après un plan gréco-italique de 50,80 m sur 30,80 m dont un espace clos de 1 421 m². Sa superficie la classe « parmi les plus grandes demeures de Gaule ». Le rez-de-chaussée comporte 14 pièces et 5 couloirs, et l'étage n'est pas connu mais estimé par les archéologues à 572 m². L'édifice comporte en outre une galerie de façade. La maison, localisée dans le centre-ville, était importante et visible sur trois côtés au moins. L'ampleur des destructions rend toutefois difficile l'identification des fonctions des différentes pièces résidentielles.

Les fondations de l'édifice, d'une profondeur allant jusqu'à deux mètres, sont puissantes et constituées de blocs de grès. Les murs sont en opus vittatum ou en petit appareil de calcaire local, tandis que certains murs comportent des rangs de briques. Parmi les matériaux utilisés, la pierre de Caen et le travertin ont été identifiés et comportent des traces d'outils. La maison a été bâtie avec des matériaux locaux et à l'aide d'une main d’œuvre locale, ce qui a pu minorer le coût de la construction, même si la fortune du propriétaire devait être conséquente (l'achat de l'emplacement, souvent construit, représentait une part non négligeable de l'opération).

Organisation du rez-de-chaussée

14 pièces étaient présentes au rez-de-chaussée, de même que 12 pièces de service et 5 couloirs et circulations. La maison s'organisait autour d’une cour centrale, ornée d’un bassin et entourée d’un péristyle. Un système d'hypocauste assurait le chauffage de plusieurs pièces. La domus a conservé aussi une partie de son dallage d’origine en calcaire.

La galerie, large d'environ 3,30 m, occupait toute la façade de la maison et protégeait ses occupants de la pluie, du fait de son orientation au nord, tout en permettant de soutenir un étage. Le sol de la galerie était composé de dalles de marbre rose local, ce qui représente un fait inhabituel pour cette cité. Des colonnes lisses, attestées par la découverte d'éboulis, étaient présentes en façade et supposent l'existence d'un étage. Une baie à deux arcades signalait l'entrée de la maison. Cette entrée monumentale faisait face au cardo II et était destinée à marquer le rang social de son propriétaire en s’inspirant de l'architecture officielle, notamment des portes des villes d'alors.

Emprise de l'ancienne maison orientale

L'entrée comportait une porte en chêne à deux battants d'environ un mètre dont on a retrouvé la serrure dans les couches de destruction faisant suite à un incendie. Cette porte permettait l'accès des clients du maître de la maison. Le vestibule était organisé en deux parties et mesurait 3,60 m sur 2,50 m. Deux pilastres hauts de 4,50 m étaient présents et ornés de figures mythologiques et probablement du portrait des propriétaires. Le second espace correspondait à des fauces (vestibules) également ornés de piliers.

La loge, très grande car mesurant 6 m sur 4,30 m, possédait des murs en opus vittatum, en torchis et en bois. Le sol était constitué d'un plancher large de 0,21 m et épais de 3 cm. Sa surface semble correspondre à un lieu de stockage ou à une boutique ; par ailleurs les archéologues ont reconnu la trémie d'un escalier d'accès à l'étage.

Une cuisine de 4,50 m sur 4,75 m avec un sol en mortier était munie d'un puits. D'autres pièces de service étaient présentes dans le même secteur, dont des latrines — témoignage de la richesse de l'habitation — couvertes de chaux et par lesquelles passait une conduite se dirigeant vers l’égout extérieur.

Plusieurs pièces de la maison étaient chauffées par hypocauste et un praefurnium était situé non loin. Une des pièces chauffées mesurant 3,20 m sur 4,80 m contenait un riche décor de divinité orientale. L'hypocauste étant bien conservé a été restauré et peut être aujourd'hui observé en écorché sur le site ; ce dernier conservait des éléments d’enduit de tuileau ainsi que des tubuli. La taille de la pièce laisse penser qu'il s'agit d'un bureau ou d'une chambre. Le praefurnium était accessible depuis la rue. La chambre ainsi qu’une autre pièce, sûrement une antichambre, communiquaient avec le portique par un vestibule.

Certaines pièces assez grandes dont une de 6 m sur 5,80 m n’ont pu être identifiées précisément dans la partie sud de l'édifice, même si Vipard suppose que l’une d'entre elles, munie de cloisons de torchis, était un lieu de rassemblement où les occupants avaient pour habitude de boire ensemble. La présence de monnaies datant de Vespasien à Marc Aurèle, ainsi que de nombreux tessons de céramique et de verre allant du Iie siècle au Ive siècle, semble étayer cette hypothèse.

Une pièce de 6,60 m sur 6 m environ n’a également pas pu être identifiée. Un long couloir de presque 19 m de long sur 3 m de large comportait des murs revêtus d’enduits portant des cercles. Cette coursive disposait d'une porte secondaire ou posticum donnant sur le cardo I et sûrement destinée à un usage privé par les occupants de la maison. La partie ouest du couloir ne menait vraisemblablement nulle part.

Les vestiges des pièces localisées au sud étaient mal conservés et certaines salles ne sont aujourd'hui connues que par des négatifs de murs. Une loge de portier, au sol en galets, a été identifiée et une pièce à proximité avait probablement une fonction de réserve pour le bois destiné au praefurnium du secteur. La fouille de 1826 est située à proximité, les vestiges en place ont cependant permis une étude stratigraphique ; la pièce était chauffée et la mosaïque possédait un décor géométrique qui a été remplacé à l’époque tardive par une nouvelle mosaïque contemporaine, lorsque cette dernière fut transformée en salle froide. Une cour à ciel ouvert de plus de 50 m² était munie d'un sol en terre et pierre, et une porte donnant accès vers le sud est supposée. Des traces d'enduit rouge ont été trouvées sur un des murs. Des caves, d'une contenance de 4 m³ à 10 m³ et fermées au moyen d'une serrure et d'une couverture de tuiles, se sont succédé dans le secteur. Un bac à huîtres a été découvert, et outre le stockage alimentaire, le secteur a livré des traces d'artisanat de textile et de travail de bronze.

Emprise de l'ancienne maison occidentale

Au sud-ouest, les archéologues ont dégagé un praefurnium et un balnéaire qui appartenaient à la Maison occidentale préexistante à la Maison au petit péristyle. L'alimentation du praefurnium se faisait par l'extérieur. Le secteur a été endommagé par le passage du cardo au milieu de l'édifice durant la période du Bas-Empire. Une baignoire était située dans le caldarium. Du fait de l'état de conservation du secteur, les conduites d'eau et d'évacuation n'ont pu être reconnues. La conservation de ces pièces en dépit des transformations profondes de l'édifice peut s'expliquer par cette installation. La pièce, en forme de L, qui est contiguë, a probablement eu une fonction d'apodyterium ou de frigidarium. Un balnéaire privé est réservé aux demeures les plus riches et témoigne du haut niveau social des propriétaires. La pièce cesse cependant d'être chauffée alors que la domus reste occupée, cet abandon est probablement dû à la présence d'édifices thermaux, munis d'équipements de qualité et propice à la vie sociale des habitants, à proximité immédiate de la demeure.

Une salle de réception située au nord du complexe balnéaire, mesurant environ 8 m sur plus de 6 m, a livré un très riche décor conservé en dépit du percement du cardo. La pièce était potentiellement ouverte sur le viridarium et était d'un niveau différent de 15 cm par rapport au portique. Cette pièce était destinée aux repas et également à la réception d'invités et de clients du fait de son décor. Les salons étaient en effet des espaces publics ouverts sur le jardin.

Au nord de cette pièce se situe la plus grande pièce de la maison, de 9,20 m sur 7,80 m. Cette pièce, un espace de réception, a souffert de l'incendie de l'édifice, du percement de la rue et de prédations liées aux récupérations de matériaux. La présence de deux pièces de réception contiguës est connue par la maison de Méléagre de Pompéi ; les pièces étaient sans doute utilisées en fonction de l'effectif accueilli. La pièce n'est toutefois pas un triclinium puisque les gallo-romains ne mangeaient pas couchés. La pièce a conservé des traces d'enduits initialement interprétés comme des indices attestant la présence d'un escalier pour rejoindre l'étage, sur le mur sud ou ouest. Cette interprétation a été battue en brèche par l'analyse de 2010, et le rapprochement avec des éléments similaires retrouvés à Chartres incitent Boislève à interpréter ces enduits comme des encadrements de fenêtres.

Une pièce de 7,80 m sur 7,20 m s'apparentant à une boutique, est présente sur la façade nord de la maison. Elle est munie d'un décor simple, avec un sol en mortier recouvert d'un enduit simple datant de l'époque de la maison occidentale. La boutique, qui était louée ou tenue par du personnel de maison, a été détruite par le percement du cardo. Une pièce située à sa gauche, également très simple, conserve un pan de mur de la maison orientale qui est « le plus ancien conservé ».

Le péristyle fait l'objet d'un doublement de sa surface à son apogée monumental et était alors pourvu d'un jardin ou viridarium. Sa surface était supérieure à 322 m² dont 130 m² pour le jardin et 192 m² pour les portiques. Le lieu était pourvu d'un sol en béton de tuileau et d'un décor de qualité. Un laraire était installé dans sa partie nord, relié à un balcon ou à une galerie située à l'étage. Trois côtés du péristyle étaient munis de colonnes. Le portique était pourvu de sept colonnes sur le long côté et quatre sur les petits côtés. Les fouilles ont révélé de nombreux fragments de verre à vitre. L'accès au péristyle se faisait par une salle de réception.

Sur la façade sud de l'édifice, les archéologues ont dégagé peu de choses : des traces d'appentis et des foyers d'un type commun dans les villae, placés de façon à limiter les risques d'incendies. Une cuisine secondaire semble également présente dans cet espace, comme en attestent les coquillages, moules, huîtres et bulots qui y ont été retrouvés. Les limites d'autres espaces situés au sud et à l'ouest n'ont pu être définies.

Incertitude sur l'organisation de l'étage

À l'origine, les maisons à étages étaient principalement destinées aux catégories les plus modestes, mais sous l'Empire les maisons nobles adoptent progressivement cette configuration afin d'obtenir un surcroît de place et de surplomber les autres constructions.

Dans la Maison au grand péristyle, la présence d'un étage semble confirmée par le faible nombre de chambres retrouvées, toutefois le nombre de pièces d'habitation de cet étage, d'une superficie estimée à 570 m², reste à ce jour inconnu. Les archéologues supposent que seules les ailes occidentale et septentrionale étaient pourvues d'un second niveau. Une absence vraisemblablement liée à la nécessité de laisser entrer la lumière tout en laissant aux ailes dépourvues d'étage la possibilité de comporter des pièces chauffées.

Aile occidentale

L'épaisseur des murs et les traces d'un enduit impliquant la présence d'un escalier viennent conforter l'existence d'un niveau supérieur pour l'aile occidentale. Un mur éboulé dans le jardin et non détruit lors des récupérations de matériaux constitue également un indice supplémentaire.

Les pièces de l'étage étaient accessibles par une pièce richement décorée, induisant « l'existence de pièces nobles à l'étage ». Dans le jardin, un massif de maçonnerie a été mis au jour non loin du vestibule, et a pu servir à soutenir un balcon à l'étage pourvu de colonnes à décor bachique et peut-être un laraire au rez-de-chaussée, selon une disposition traditionnelle.

Aile septentrionale

Les éboulis, présents dans l'aile septentrionale, permettent également d'attester la présence d'un étage, tout comme l'espacement des colonnes de la galerie de façade qui évoque un étage surplombant le portique extérieur. Une cage d'escalier a également été mise en évidence.

Cet étage existait peut-être dès les premiers états de l'édifice. Les fouilles ont permis la découverte de vestiges de torchis, de bois et de clous : ce mode de construction permettait d'avoir une structure plus légère.

Équipements

Chauffage

Le plan méditerranéen de la maison sous ces latitudes septentrionales a nécessité des adaptations au niveau de l'édifice, comme en témoigne l'usage de torchis, la présence d'un système d'obturation du portique et une installation de chauffage. Quatre pièces disposent d'un système d'hypocauste, d'autres devant disposer de braseros.

Un foyer construit en tuiles est installé tardivement dans un pièce, du temps de la Maison à la mosaïque en damier. Cet équipement témoigne de la dégradation des conditions de vie des habitants de la maison à basse époque.

Eau

La cité comportait un réseau d’égouts « peu sophistiqué ». La maison nécessitait un système d'évacuation d'eau, notamment d'eaux de pluie, du fait des 1 300 m² de toitures et d'eaux usées. Une conduite en briques et béton a ainsi été retrouvée, menant de la maison au decumanus, à laquelle devaient également s'ajouter d'autres conduites en bois. Les conduites en plomb ont fait l'objet d'une récupération ; la fouille a livré une conduite en chêne assemblée par du fer.

La maison possède deux puits destinés à son approvisionnement en eau, dont l'un, profond de 6,60 m, était situé entre le jardin et le portique. La fouille de ce puits a livré des vestiges du Ier siècle au Ive siècle. La fouille du second puits, situé dans une pièce en bordure de la colonnade, n'a quant à lui rien livré. La maison était en outre raccordée au système de conduite d'eau publique pour assurer le fonctionnement des éléments d'agrément du jardin qui nécessitaient une eau sous pression.

L'eau était acheminée vers la salle de bains de l'aile ouest, tandis qu'une autre conduite menait l'eau du bassin du jardin aux latrines et passait dans l'angle nord-est du portique, où elle était divisée en trois sections. L'eau provenant du système public constituait un privilège réservé à quelques-uns, peut-être membres du collège des décurions ; c'est un témoignage de l'adoption d'un mode de vie et « un besoin de représentation sociale », témoin du luxe de l'édifice : la présence de fontaines et de jets d'eau rapprochaient ainsi l'édifice des thermes.

Autres équipements

Les fouilles ont permis de retrouver des éléments d'éclairage : trois lampes à huile, dont l'une portant le nom de Vibianus, ainsi que des supports pour des chandelles ou des torches. Le seul élément de bronze retrouvé sur le site est d'ailleurs un fragment de candélabre.

De nombreuses serrures et clés ont été retrouvées lors des fouilles ; ces clés étaient destinées surtout aux différentes pièces et permettaient de réguler l'accès des différents visiteurs.

Les fouilles ont livré également des éléments liés à l'écriture, boîtes à sceller, stylets ; l'écriture était donc une pratique répandue parmi les occupants de la demeure.

Décor

Les fouilles ont permis de mettre au jour un décor composé de peintures et de mosaïques relativement commun pour ce type de demeure ainsi qu'un décor sculpté exceptionnel même s'il a été découvert très fragmenté. Un décor de qualité a été mis en évidence pour les espaces officiels de la maison, entrée, viridarium et salons.

Fresques et mosaïques

Fresques et stucs

Tout l'intérieur de la maison était peint et l'édifice devait donc présenter « un aspect très coloré ». La gamme chromatique utilisée était variée, et comportait du rouge vermillon, coloris très coûteux. 850 caisses de vestiges d'enduits ont ainsi été collectées pendant les fouilles. La maison a conservé cependant peu d'enduits peints identifiables : la chaux et le sable constituant les principaux éléments découverts dans les couches de destruction. Toutefois, cinq pièces ont livré des éléments de décor datés de l'époque de la Maison au petit péristyle.

Une des pièces pourvue d'un hypocauste était munie d'un décor complexe, dont « un fronton peint sur champ vermillon ». À cet emplacement devait se trouver une statue de dieu oriental en stuc, munie d'un bonnet phrygien, et identifié comme Attis bien qu'aucun indice ne prouve la présence d'une niche. Cette divinité a fait l'objet d'un traitement maladroit, tant pour les proportions que pour le visage. L'usage du cinabre et du relief stuqué est un indice des moyens utilisés pour les décors de la maison qui prend place « parmi les ensembles luxueux connus en Gaule ».

Les maisons servaient, outre le laraire, à honorer des divinités diverses selon la préférence des propriétaires. L'étude de 2010 a permis de préciser des éléments : la zone inférieure était pourvue d'un décor d'imitation de marbre vert et jaune, de panneaux rouge vermillon et d'espaces rouge bordeaux, pourvus de frontons et les bordures étaient munies de scènes dont des Amours. Des stucs étaient disposés dans les bordures, et étaient fixés au moyen de clous. Julien Boislève a mis en évidence la présence d'un décor de plafond, peint et également stuqué.

Dans la partie sud de la maison, un long couloir comportait un décor de cercles ocres et rouges, sécants et tangents de 0,25 m (ou 0,27 m) de haut, sur fond blanc. La bande fait environ 0,39 m et comporte aux extrémités haute et basse une bande rouge ainsi que des cercles réalisés au compas. La fresque a été retrouvée à plat et le fouilleur en a déduit une localisation dans la partie inférieure des murs. La nouvelle étude des enduits de 2010 a mis en évidence de nouveaux fragments s'imbriquant sur les éléments remontés au musée et pose la question de la réversibilité des restaurations. La comparaison avec les usages connus du motif dans d'autres maisons du Iie siècle et IIIe siècle, Mané-Véchen, Bavay ou Andigny-en-Bassigny ainsi que l'observation du revers des fragments, plutôt lisse, invite à considérer le décor plutôt comme lié à une bordure de plafond. Le motif convient aux couloirs ou cryptoportiques. Une pièce située au nord de ce couloir comportait une imitation de placage de marbre

Intervenants

Pour l'instant aucune information est disponible à propos des participants (personnes ou entreprises) dans ce projet.

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    20015157
  • Publié(e) le:
    04.02.2005
  • Modifié(e) le:
    23.06.2020